|
Chaque numéro est composé d'environ 50 pages. Le 1er numéro de LM est paru en novembre 1982.
La presse lesbienne : le marché est théoriquement 5 % de la population féminine mais cela exclut : 1) Les femmes qui n’en ont jamais entendu parler 2) Les adolescentes au placard 3) Les « hors ghetto » par principe et/ou par désintérêt.
Sur ce marché, LM est le seul mensuel existant en France à ce jour. Il a commencé comme un fanzine ronéotypé et s’est autofinancé. C’est l’association Lesbia et ses membres, toutes bénévoles, qui élaborent ce mensuel. L’orientation de LM, c’est évidemment les lesbiennes et tout ce qui les concerne, mais ensuite les femmes, dans une optique féministe bien sûr. En clair, le magazine fait passer les femmes hétérosexuelles bien avant les hommes homosexuels, qui n’ont vraiment pas besoin des femmes homosexuelles : ils ont leur presse, même s’ils la qualifient de « mixte », et n’ont pas beaucoup de points communs avec elles.
Puisque LM est le seul mensuel, il doit être aussi pluraliste que possible. Ses rédactrices sont toutes féministes (et probablement lesbiennes...) mais ne sont pas toutes de gauche. Elles éliminent tout ce qui est propagande pour les partis, n’attaquent pas les religions (ou alors toutes à la fois occasionnellement). En revanche, elles critiquent violemment l’emprisonnement des femmes, les coutumes barbares comme l’excision, les formes d’esclavage..., bref tout ce que les curés, pasteurs, rabbins, imams et autres mâles éventuellement laïcs font aux femmes. Elles n’hésitent pas à applaudir les royaumes qui abolissent la loi salique (Suède, Belgique...), même si certaines des lectrices et des rédactrices préfèreraient voir tout ça à la guillotine, rois et reines confondus.
Les pages culturelles ressortissent à cette orientation : d’abord les lesbiennes, dont cependant le magazine critique objectivement et parfois durement les pièces de théâtre, les livres et les films quand ils sont mauvais, ensuite les femmes (même traitement sans indulgence excessive), enfin les sujets homosexuels mixtes ou purement masculins s’ils rejoignent ses préoccupations. Le fond du journal est constitué d’un répertoire des associations lesbiennes et mixtes très utile pour les lectrices. La revue de presse s’attache à dénoncer toutes les discriminations faites aux femmes, aux lesbiennes dans le monde sans oublier de mettre à l’honneur les avancées les concernant.
Les PA comptent aussi beaucoup. La rédaction veut être un lien et pas seulement fabriquer des articles de fond. Elle essaie d’équilibrer le frivole et le sérieux dans un seul numéro mais ce n’est pas toujours totalement réussi. Telle est sa conception de la presse lesbienne. |